1642 - 1693

 

POEMAS 

A Marceline Desbordes Valmore

L'amour, dont l'autre nom sur terre est la douleur,
De ton sein fit jaillir une source écumante,
Et ta voix était triste et ton âme charmante,
Et de toi la pitié divine eût fait sa soeur.

Ivresse ou désespoir, enthousiasme ou langueur,
Tu jetais tes cris d'or à travers la tourmente ;
Et les vers qui brûlaient sur ta bouche d'amante
Formaient leur rythme aux seuls battements de ton coeur.

Aujourd'hui, la justice, à notre voix émue,
Vient, la palme à la main, vers ta noble statue,
Pour proclamer ta gloire au vieux soleil flamand.

Mais pour mieux attendrir ton bronze aux tendres charmes,
Peut-être il suffirait - quelque soir - simplement
Qu'une amante vînt là jeter, négligemment,

Une touffe de fleurs où trembleraient des larmes.
 

 


Une heure sonne au loin ...

Une heure sonne au loin. - Je ne sais où je vais.
Oh ! J'ai le coeur si plein de toi, si tu savais !
Je te vois, je t'entends. Devant moi solitaire
Une apparition blanche frôle la terre,
Comme une fée au fond des clairières, le soir.
Et cette ombre d'amour si radieuse à voir,
Elle a tes yeux, tes yeux d'émeraude, ô ma vie,
Dont la douceur étrange aux longs rêves convie,
Comme l'azur profond de la mer ou des cieux ;
Et sa robe qui glisse à plis silencieux,
Sa robe, c'est la tienne aussi, ma bien-aimée,
Ta robe de bohème onduleuse et lamée
Où l'or parmi la soie allume maint éclair,
Ta robe, fourreau mince et tiède de ta chair,
Dont le seul souvenir, effleurant ma narine,
Fait couler un ruisseau d'amour dans ma poitrine...

Je suis seul. Le silence emplit les quais déserts.
L'âme en fleurs du printemps s'exhale dans les airs.
C'est une tiède nuit d'amant ou de poète,
Et j'ai l'amour à l'âme et l'amour à la tête,
Et j'ai soif de tes yeux pour me mettre à genoux !

Ce sont des mots sans suite, et des gestes si doux
Qu'ils semblent avoir peur de toucher, des mains jointes,
Des désirs par instant aigus comme des pointes
Et puis des nerfs crispés de la nuque au talon,
Toute l'âme perdue après son violon
Qui chante et qui sanglote et qui crie et qui râle,
Toute l'âme d'un grand enfant fiévreux et pâle...

Des fiacres attardés roulent dans les lointains.
Sous les arbres émus de frissons incertains,
Des brises doucement circulent, attiédies,
Et poignantes au coeur comme des mélodies.
Le fleuve sourd ondule en moires de langueur
Et j'ai tout un bouquet d'étoiles dans le coeur !

Je t'aime. Mon sang crie après toi. J'ai la fièvre
De boire cette nuit idéale à ta lèvre,
D'étendre sous tes pieds, comme un manteau de roi,
Ma vie et de te dire, oh ! De te dire : " Toi "
Avec une langueur si tendre et si profonde
Qu'en la sentant sur toi, ta chair, toute, se fonde.

 

 


Hyacinthe


Pour la voir aussitôt m'apparaître, fidèle
Je n'ai qu'à prononcer son nom mélodieux,
Comme si quelque instinct miséricordieux
D'avance lui disait l'heure où j'ai besoin d'elle.

Je la trouve toujours, quand mon coeur contristé
S'exile et se replie au fond de ses retraites,
Et pansant à la nuit ses blessures secrètes,
Reprend avec l'orgueil sa native beauté.

C'est dans un parc illustre où la blancheur des marbres
Dans l'ombre çà et là dresse un beau geste nu,
Où ruisselle un bruit d'eau léger et continu,
Où les chemins rayés par les ombres des arbres

S'enfoncent comme on voit aux tableaux anciens.
Aux noblesses du coeur le décor est propice,
Et parmi les bosquets l'âme de Bérénice
Semble encor sangloter des vers raciniens.

Elle est là ; sous le dais des ténèbres soyeuses,
Elle attend ; autour d'elle à chaque mouvement
Ses ailes font d'un vague et lent frémissement
De plumes onduler les fleurs harmonieuses.

Ses lèvres par instants laissent tomber le mot
Unique où se concentre en goutte le silence ;
Le geste de ses mains pâles est l'indolence,
Et sa voix musicale est fille du sanglot.

Nous errons à travers les jardins taciturnes
Émus en même temps de limpides frissons,
Touchés de nous aimer dans ce que nous pensons
Et nous penchant ensemble aux fontaines nocturnes.

L'amour s'ouvre à ses doigts comme un lys infini,
Tout en elle se donne et rien ne se dérobe.
Ses bras savent surtout bercer et sous sa robe
Son sein a la chaleur maternelle du nid.

La pitié, la douceur, la paix sont ses servantes ;
À sa ceinture pend le rosaire des soirs,
Et c'est elle sans trêve et pourtant sans espoirs,
Que je cherche à jamais à travers les vivantes.

Elle est tout ce que j'aime au monde, le secret,
L'amour aux longs cheveux, la pudeur aux longs voiles,
Même elle me ressemble aux rayons des étoiles,
Et c'est comme une soeur morte qui reviendrait.

Hyacinthe est le nom mortel que je lui donne.
Souvent au fond des ans par d'étranges détours
Nous évoquons la même enfance aux mêmes jours,
Et sa voix dont l'accent fatidique m'étonne

Semble du plus profond de mon âme venir.
Elle a le timbre ému des heures abolies,
Et sonne l'angélus de mes mélancolies
Dans la vallée au vieux clocher du souvenir.

Et parfois elle dit, pâle en la nuit profonde,
Pendant qu'au loin la lune argente un marbre nu
Et qu'un ruissellement léger et continu
Mêle au son de sa voix l'écoulement de l'onde,

Pendant qu'aux profondeurs des grands espaces bleus
Palpite une douceur grave et surnaturelle,
Et que je vois comme un miracle fait pour elle
Les astres scintiller à travers ses cheveux,

Elle dit : quelque jour dans un pays suprême
Ton désir cueillera les fruits puissants et beaux
Dont la fleur blême ici languit sur les tombeaux.
Et ton propre idéal sera ton diadème.

Avec l'argile triste où chemine le ver
Tu quitteras le mal, la honte, l'esclavage,
Et je te sourirai dans les lys du rivage,
Belle comme la lune, en été, sur la mer.

Tes sens magnifiés vivront d'intenses fièvres,
Ivres d'intensité dans un air immortel ;
Alors s'accomplira ton rêve originel
Et, penché sur mes yeux pleins d'un soir éternel,

C'est ton âme que tu baiseras sur mes lèvres.

 

 


Je rêve de vers doux ...

Je rêve de vers doux et d'intimes ramages,
De vers à frôler l'âme ainsi que des plumages,

De vers blonds où le sens fluide se délie
Comme sous l'eau la chevelure d'Ophélie,

De vers silencieux, et sans rythme et sans trame
Où la rime sans bruit glisse comme une rame,

De vers d'une ancienne étoffe, exténuée,
Impalpable comme le son et la nuée,

De vers de soir d'automne ensorcelant les heures
Au rite féminin des syllabes mineures.

De vers de soirs d'amour énervés de verveine,
Où l'âme sente, exquise, une caresse à peine...

Je rêve de vers doux mourant comme des roses

 


Je t'aime, loin de toi ...

Je t'aime, - loin de toi ma pensée obstinée,
Et, par l'instinct d'amour à l'amour ramenée,
Revient vers toi, voltige alentour de ton cou,
De tes yeux, de tes seins, comme un papillon fou,
Et, grise de tourner dans ton cercle de femme,
Reste des jours entiers sans rentrer dans mon âme...

Je t'aime, et, malgré moi, je m'en vais par les rues
Où flotte un souvenir des choses disparues,
Où je sens, pénétré d'amère volupté,
Qu'encore un peu de toi dans l'air tendre est resté,
Où ton passage embaume encor, où je respire
Je ne sais quoi qui garde encor de ton sourire.

Mon coeur est tout pareil à ces matins voilés
D'automne où le soleil des beaux jours en allés,
Vaporeux à travers le ciel mélancolique,
Épanche une langueur de lumière angélique...

Ainsi mon coeur. Ah ! Si, comme aux soirs de jadis,
Tu plongeais dans mes yeux tes yeux de paradis,
Va, tu n'y trouverais nul grand air ridicule
Mais de l'amour, mais un amour de crépuscule
Pâle et voilé, couché sur un cher souvenir,
Qu'enivre, tristement, la douceur de mourir.

 


Bacchante

J'aime invinciblement. J'aime implacablement.
Je sais qu'il est des coeurs de neige et de rosée ;
Moi, l'amour sous son pied me tient nue et brisée ;
Et je porte mes sens comme un mal infamant.

Ma bouche est détendue, et mes hanches sont mûres ;
Mes seins un peu tombants ont la lourdeur d'un fruit ;
Comme l'impur miroir d'un restaurant de nuit,
Mon corps est tout rayé d'ardentes meurtrissures.

Telle et plus âpre ainsi, je dompte le troupeau.
Les reins cambrés, je vais plus que jamais puissante ;
Car je n'ai qu'à pencher ma nuque pour qu'on sente
L'odeur de tout l'amour incrusté dans ma peau.

Mon coeur aride est plein de cendre et de pierrailles ;
Quand je rencontre un homme où ma chair sent un roi,
Je frissonne, et son seul regard posé sur moi
Ainsi qu'un grand éclair descend dans mes entrailles.

Prince ou rustre, qu'importe, il sera dans mes bras.
Simplement - car je hais les grâces puériles -
Je collerai ma bouche à ses dents, et, fébriles,
Mes mains l'entraîneront vers mon lit large et bas.

La flamme, ouragan d'or, passe, et, toute, je brûle.
Après, mon coeur n'est plus qu'un lambeau calciné ;
Et du plus fol amour et du plus effréné
Je m'éveille en stupeur comme une somnambule.

Tout est fini ; sanglots, menaces, désespoirs,
Rien n'émeut mes grands yeux cernés de larges bistres
Oh ! Qui dira jamais quels cadavres sinistres
Gisent sans sépulture au fond de mes yeux noirs ! ...

Vraiment, je suis l'amante, et n'ai point d'autre rôle.
Dans mon coeur tout est mort, quand le temps est passé.
Ma passion d'hier ? ... c'est comme un fruit pressé
Dont on jette la peau par-dessus son épaule.

Mon désir dans les coeurs entre comme un couteau ;
Et parmi mes amants je ne connais personne
Qui, sur ma couche en feu, devant moi ne frissonne
Comme devant la porte ouverte du tombeau.

Je veux les longs transports où la chair épuisée
S'abîme, et ressuscite, et meurt éperdument.
C'est de tant de baisers, aigus jusqu'au tourment,
Que je suis à jamais pâle et martyrisée.

Je sais trop combien vaine est la rébellion.
Raison, pudeur, qui donc entrerait en balance ?
Quand mes sens ont parlé, tout en moi fait silence,
Comme au désert la nuit quand gronde le lion.

Oh ! Ce rêve tragique en moi toujours vivace,
Que l'amour et la mort, vieux couple fraternel,
Sur mon corps disputé, quelque soir solennel,
Comme deux carnassiers, s'abordent face à face ! ...

Qu'importe j'irai ferme au destin qui m'attend.
Sous les lustres en feu, dans la salle écarlate,
Que mon parfum s'allume, et que mon rire éclate,
Et que mes yeux tout nus s'offrent ! ... Des soirs, pourtant

Je tords mes pauvres bras sur ma couche de braise.
Triste et repue enfin, j'écoute avec stupeur
L'heure tomber au vide effrayant de mon coeur ;
Et mon harnais de bête amoureuse me pèse.

Mes sens dorment d'un air de félins au repos...
Mais leur calme sournois couve déjà l'émeute.
Déjà, déjà, j'entends les abois de la meute,
Et je bondis avec mes cheveux sur mon dos !

Oh ! Fuir sans arrêter pour boire aux sources fraîches,
Pour regarder le ciel comme un petit enfant...
Le ciel ! ... l'archer est là souriant, triomphant ;
Et, folle, sous la pluie innombrable des flèches,

Je tombe, en blasphémant la justice des dieux !
Aveugle et sourde, hélas ! Trône la destinée.
Et mon âme au plaisir féroce condamnée
Pleure, et pour ne point voir met ses mains sur ses yeux.

Mais écoutez... voici la flûte et les cymbales !
Les torches dans la nuit jettent des feux sanglants ;
Ce soir, les vents du sud ont embrasé mes flancs,
Et, dans l'ombre, j'entends galoper les cavales...

Malheur à celui-là qui passe en ce moment !
Demi-nue, et penchée hors de ma porte noire,
Je l'appelle comme un mourant demande à boire...
Il vient ! Malheur à lui ! Malheur à mon amant !

J'aime invinciblement ! J'aime implacablement !

 

 


Incantation

Ô nuit magicienne, ô douce, ô solitaire,
le paysage avec sa flûte de roseau
t'accueille; et tes pieds nus posés sur le coteau
font tressaillir le coeur fatigué de la terre.
Laissant fuir de ses doigts sa guirlande de fleurs,
voici qu'en tes bras frais s'endort le soir qui rêve.
L'âme, veule au soleil, frissonne, se soulève,
et tord sa chevelure à la source des pleurs.
Les paysans rentrant par les plaines tranquilles
prennent au crépuscule un accent éternel;
et la tristesse passe, en respirant le ciel
vaguement lumineux dans les eaux immobiles.
Derniers bruits des chemins pleins d'ombre. Fin du jour. . .
ô nuit, l'âme des fleurs nuptiales t'épie
le bétail est couché; la glèbe est assoupie,
et la servante a clos les portes de la cour.
Sur ton sein resplendit la lune magnétique.
La nymphe qu'elle attire ondule dans les joncs;
et tout ce qu'en nos coeurs sanglotants nous songeons
monte, comme la mer, vers sa face mystique.
L'heure est harmonieuse et grave sous les cieux;
l'ombre, étendue au loin, solennise les lignes;
et l'homme, s'éveillant au mystère des signes,
sent monter lentement la prière à ses yeux. . .
là-bas, la ville au loin presse ses toits sans nombre;
seuls, de la multitude anonyme émergés,
les monuments, debout ainsi que des bergers,
veillent pour témoigner de son âme dans l'ombre.
L' abîme étoilé s'ouvre à l'ardeur de penser,
et l'esprit, visité de rumeurs inconnues,
s'étonne, et frémissant écoute au fond des nues,
comme un grand fleuve noir, l'éternité passer.
Ivresse ! Bras tendus au ciel ! Vol qui s'égare. . .
baiser de l'infini qui rend pâle un instant. . .
et toujours sous nos fronts ce vieux désir luttant,
toujours l'hériditaire orgueil des fils d'Icare.
Un vent sacré venu des espaces profonds
détache le fruit mûr qui pèse aux flancs des femmes,
pendant qu'à son approche, au loin, les grandes âmes
brûlent, comme des feux allumés sur les monts.
Je te salue, ô nuit des pâtres, des prophètes,
mère au long voile noir des grands enfantements,
ô féconde par qui, jumelles en tourments,
les oeuvres de la femme et de l'homme sont faites.
Grande nuit! Sanctuaire auguste des secrets.
ô nuit, soeur de la mort, comme elle impénétrable.
d'Orphée et d'Isis, déesse vénérable,
aïeule de la mer antique et des forêts!
Et nuit divine aussi, vierge pur et clémente
qui ranimes l'amour à ton sourire obscur,
toi qui poses au coeur tes longues mains d'azur,
et portes le sommeil innocent sous ta mante.
Seule, tu sais calmer les tourments inconnus
de ceux que le mentir quotidien torture.
Leur front brûle, et voici ta sombre chevelure;
leur âme est solitaire, et voici tes bras nus.
Et chacun, dénouant les liens du masque infâme,
dans ta forêt, sous l'oeil d' or fixe du hibou,
au large de son coeur promène un archet fou,
et marche, magnifique et libre, dans son âme !
Cependant qu'aux buissons l'oiseau sentimental,
l'oiseau, triste et divin, que les ombres suscitent,
sur les jardins déserts où les feuilles palpitent,
fait ruisseler son coeur en sanglots de cristal.
Minuit. La voûte est comme une église tendue.
Le livre resplendit, au fond, d'or et de fer.
Et la chair est sublime et vibre avec l'éther!
ô vagues de silence à travers l'étendue. . .
et déjà respirant les fleurs d'étranges soirs,
le rêve s'aventure, enlacé par Hélène,
aux plus lointaines mers de la pensée humaine
sur son char attelé de deux grands cygnes noirs.
ô nuit, tes pieds divins font tressaillir la terre,
ta coupe d'argent noir contient les profondeurs;
tu fais jaillir de nous les secrètes splendeurs;
et je t'adorerai pour ce triple mystère.
ô nuit magicienne, ô douce, ô solitaire.

 


A Marceline Desbordes Valmore

 

El amor, cuyo otro nombre en la tierra es el dolor

de tu seno hizo brotar una fuente espumosa

y tu voz era triste y tu alma encantadora

y de ti la piedad divida se hizo hermana


La embriaguez o la desesperación, el entusiasmo o la languidez,
Usted lanzó sus gritos de oro a través de la tormenta ;
Y el hacia eso quemado sobre su boca de amante
Constituía su ritmo a las únicas palizas de su corazón.

Hoy, la justicia, para nuestra voz tocada,
Viene, la palma para la mano, hacia su estatua noble,
Para declarar su orgullo al sol flamenco viejo.

Pero para ablandar su bronce mejor a los encanto tiernos,
Tal vez él / él serían simplemente suficientes - un poco de tarde -
Que un amante llegó para lanzar allí, descuidadamente,

Un mechón de flores adónde would temblar de las lágrimas.


Una hora suena lejos...


Una hora suena lejos. - No sé dónde me voy.
¡¡ojalá!! ¡Tengo el corazón tan lleno de usted, si usted lo supiera!
Lo veo, lo escucho. Antes de mí solitario
Una aparición blanca toca la tierra ligeramente,
Como un hada a la parte inferior de los claros, por la noche.
Y esta sombra de amor tan radiante ver,
Ella / él tienen sus ojos, sus ojos del verde esmeralda, ¡ojalá! mi vida,
De cuál invita la dulzura extraña para los sueños largos,
Como el azul hondo del mar o el cielo ;
Y su / su vestido su que se resbala a pliegues silenciosos,
El suyo / su vestido su, él son ella el suyo como, mi amado,
Su bohemio vestido sinuoso y lamée
Donde oro entre seda enciende a muchos relampagueando,
Su funda de etiqueta y fina y tibia de su carne,
De cuál la única memoria, pasando rozando mi ventana nasal,
Hace fluir un arroyo del amor en mi pecho...

Estoy solo. El silencio satisface los terraplénes desolados.
El alma de la primavera se exhala en el flor en aire.
Es una noche un poco fría de amante o poeta,
Y tengo el amor para el alma y el amor para la cabeza,
Y estoy sediento de sus ojos para ponerme sobre las rodillas!

Éstos son palabras sin la continuación, y de los ademánes tan blando
Que seem ser afraid tocarse, de las manos unidas,
De los deseos por el instante afilado como los consejos
Y luego de los nervios tensados de la nuca al tacón,
Toda la alma perder después de su violín
Quién cantar y eso solloza y eso grita y eso se queja,
Toda la alma de un niño afiebrado y pálido grande...

Los carruajes retrasados ruedan en el distante.
Bajo los árboles conmovidos de las emociones inciertas,
Some que las brisas hacen circular suavemente, enfriado,
Y se trasladar al corazón como las melodías.
Las olas de torrente sordas en moirés de la languidez
Y tengo un whole ramo de estrellas en el corazón!

Me gusta usted. Mi sangre grita después de usted. Tengo la fiebre
Para brindar por su borde esta noche ideal,
Para extenderse bajo sus pies, de la misma manera que el abrigo de rey,
Mi vida y decirle (a usted), ¡ojalá!! Decirle (a usted): "Usted "
Con una tan tan languidez tierna y honda
Ese rato que lo siente sobre usted, que su carne, todos, fundan.


Tocar al mismo tiempo de las emociones límpidas,
Touched gustar nosotros en el lo que pensamos
Y nosotros se inclinar juntos a los chorros nocturnos.

El amor abre sus dedos como un lirio infinito a su /,
Todo en ella se da y nada se escapa.
Su armas sus saben cómo mecerla / su vestido especialmente y bajo su /
Su pecho su tiene el calor maternal del nido.

La piedad, el dulzor, la paz son los suyos / ella / sus empleadas ;
Al suyo / a ella / su cinturón que el rosario de las tardes cuelga,
Y es ella incesantemente y con todo sin las esperanzas,
Que busco para siempre a través de vivos.

Ella / él son todos que me gusta al mundo, el secreto,
El amor para pelo largo, la modestia para los velos largos,
Incluso ella / él me aparentan de la misma manera que los rayos de las estrellas,
Y es como una hermana muerta que volvería.

El jacinto es el nombre mortal que le doy.
A menudo a la parte inferior de los años por desvíos extraños
Provocamos la misma infancia al mismo days,
Y su / su voz su cuyo acento fatal se pregunta

Parezca la ms profunda de mi alma para venir.
Ella / él tienen la estampilla cambiar de lugada de las horas obsoletas,
Y exprese los angelus de mis melancholies
En el valle al campanario viejo de la memoria.

Y a veces ella / él dicen, pálido de él(ella/eso) dañar él profundamente,
Mientras au lejano loss medallas de plata de luna una canica patente
Y eso una luz y ruissellement ininterrumpido
Mingle para el sonido suyo / ella / su voz el flujo de la ola,

Mientras a las profundidades de los espacios azules grandes
Palpitar un dulzor serio y sobrenatural,
Y que veo como un milagro resulta en ella
Las estrellas estar animado a través de su pelo su,

Ella / él marcan: un poco de día en un país supremo
Su deseo cogerá las frutas fuertes y hermosas
De cuál la burda flor es olvidada aquí sobre las tumbas.
Y su propio modelo de perfección será su diadema.

Con la arcilla triste dónde pasear el gusano
Usted dejará el dolor, la vergüenza, el esclavo,
Y lo expresaré con una sonrisa en los lirios de la playa,
Hermoso como la luna, en verano, sobre el mar.

Sus sentido aumentados vivirán las fiebres intensas,
Embriagar de la intensidad en un aire inmortal ;
Will se hacer realidad su sueño original entonces/luego
Y, se apoyó sobre mis ojos llenos de una tarde eterna,

Es su alma la que usted besará sobre mis labios.
 


Sueño con la poesía tersa...
Sueño con las estrofas tersas y insinúo foliages,
De la poesía de tocar el alma tanto como las plumas ligeramente,

De las estrofas rubias donde el juicio inestable llega desatado
Como bajo el agua el pelo de Ophélie,

De la poesía silenciosa, y sin el ritmo y sin la trama
Donde la rima sin el ruido decae de la misma manera que un remo,

De la poesía una ex tela, agotado,
Impalpable como el sonido y la nube,

De la tarde de poesía del otoño encantadora las horas
Al ritual femenino de las sílabas menores.

De la poesía noches irritadas del amor de verbena,
Where las sensaciones de «soul», simpático, una caricia apenas...

Sueño con la poesía tersa moribunda como las rosas


Te amo, lejos de tí....

Me gusta usted, - lejos de usted mi idea terca,
Y, por el instinto del amor al amor traer,
Vuelve hacia usted, la acrobacia aérea circundante de su cuello,
De sus ojos, de sus pechos, como una mariposa loca,
Y, haga el gris para doblar en el círculo de su mujer,
Quédese del whole days sin entrar en mi alma...

Me gusta usted, y, a pesar de mí, parto junto a las calles
Where flota una memoria de las cosas desaparecidas,
Donde me siento, traspasado del placer amargo,
Que otra vez un poco de que usted en la oferta pública divulgas quedaba,
Donde su pasaje embalsama a encor, donde respiro
No sé qué guarda encor de su sonrisa que.

Mi corazón es all similar a estas mañanas cubierto con un velo
Del otoño dónde el sol del days hermoso desaparecido de él(ella/eso),
Empañado por el cielo melancólico,
Vierta una languidez ligera angelical...

Así que mi corazón. ¡Ah! Cierto, como las tardes de antes,
Usted desatascó sus ojos del paraíso en mis ojos,
Go, usted encontraría el aire ridículo grande sin esperanza allí
Pero del amor, pero una afición del crepúsculo
Pálido y cubrir con un velo, estando tendido sobre una estimada memoria,
Eso embriaga el dulzor, tristemente, para secarse.


Bacchante
Deseo invenciblemente. Deseo con implacabilidad.
Sé que él / él son corazones de nieve y rocío ;
Mí, el amor bajo el suyo / sus resultados de pie desnudos y rotos de mí ;
Y llevo mis sentido como un dolor infame.

Mi boca es soltada, y mis caderas son maduras ;
Mis pechos algunos que caen tienen la pesadez de una fruta ;
Como el espejo impuro de un restaurante de noche,
Mi cuerpo es rascado totalmente de ardientes moretones.

Such y mayor cantidad penetrante por eso, domestico la manada.
Los riñones se arquearon, me voy más que nunca fuerte ;
Porque solamente tengo que inclinar mi nuca con el propósito de que uno se siente
El olor de todo lo amor incrustado en mi cáscara.

Mi corazón árido está lleno de la ceniza y lastre ;
Cuando conozco a un hombre donde mi carne apesta de la misma manera que un rey,
Tiemblo, y el suyo / su única mirada su se me ponen
Tan bien como un relámpago grande desciende en mis entrañas.

Príncipe o grosero, que importaciones, él / él estarán en mis brazos.
Simplemente - porque odio los modales infantiles -
Lego cola mi boca para sus dientes sus, y, febril,
Mis manos lo arrastrarán hacia mi cama grande y baja.

La llama, el huracán de oro, pasan, y, todos, yo quemar.
En popa, mi corazón es solamente un pedazo carbonizado ;
Y del amor más loco y el wildest
Despierto en el estupor como un sonámbulo.

Todo está terminado; los sollozos, las amenazas, pierden las esperanzas,
Los movimientos de cero que mis ojos grandes rodearon de bistre grande
¡¡ojalá!! Quién alguna vez will decir qué cadáveres siniestros
¡Esté tendido sin el entierro a la parte inferior de mis ojos morados! ...

Efectivamente, soy el amante, y no tener otro papel.
En mi corazón todos se murieron, cuando la época pasó.
¿Mi pasión de ayer? ... Es como una fruta apresurada
De cuál uno lanza piel sobre el suyo / su hombro.

Mi deseo en los corazones entra de la misma manera que un cuchillo ;
Y entre mis amantes no conozco a nadie
Quién, sobre mi capa en el fuego, antes de mí no temblar
Como antes la puerta se abrió de la tumba.

Quiero el transporte largo where la carne exhausta
Se poner dañado, y se restablecer, y se muere con desconcierto.
Son de tantos besos, brusco hasta el tormento,
Que estoy para siempre pálido y torturar.

Lo sé vanidoso también cuánto es la rebelión.
¿La razón, la modestia, que entraría por lo tanto en el balance?
Cuando mis sentido hablaban, todo en mí hace el silencio,
Como al desierto ella toda la noche cuándo reñir al león.

¡¡ojalá!! Este sueño trágico en mí siempre vivaz,
Que el amor y la muerte, viejo fraternal acoplan,
Sobre mi cuerpo discutible, alguna noche solemne,
¡Como dos carnívoro, ¡acérquese a sí cara a cara! ...

Que importaciones me iré son agricultor al destino que me espera.
Bajo las arañas de luces en el fuego, en la habitación escarlata,
Que mi perfume se enciende, y que mi risa estalla,
Y que mis ojos completamente descubiertos se brindan! ... De las tardes, aún

Retuerzo mis pobres brazos sobre mi capa de rescoldo.
Triste y saciado definitivamente, escucho con el estupor
La hora de recaer sobre el vacío espantoso de mi corazón ;
Y mi arnés de bestia enamorado me pesa.

Mis sentido duermen de un aire de felinos para descansar...
Pero su calma astuta ya permanece en el tumulto.
Ya, ya, escucho los ladridos del paquete,
Y salto con mi pelo en la espalda!

¡¡ojalá!! Para huir sin parar para beber en los orígenes frescos,
Para mirar el cielo como un niño pequeño...
¡El cielo! ... El arquero está ahí sonriente, triunfal ;
Y, loca, bajo la lluvia innumerable de las flechas,

¡Caigo mientras blasfemo contra la justicia de los dioses!
Ciego y sordo, ¡ay!! Preséntese al destino.
Y mi alma para el placer feroz condenado
Llore, y porque no ver pone su manos sus sobre sus ojos sus.

Pero escuche... He aquí la flauta y los címbalos!
Los torchlights en la noche da los fuegos ensangrentados ;
Esta noche, los vientos del sur abrasaron mis flancos,
Y, en la sombra, escucho los escapes al galope...

¡La desgracia para ese que pasa por el momento!
Nube mitad -high, e inclinar afuera de mi puerta negra,
Lo llamo como una muerte pide beber...
¡Él / él vienen! ¡Desgracia para él! ¡Desgracia para mi amante!

¡Deseo invenciblemente! ¡Deseo con implacabilidad!
 


 


Conjuro

¡ojalá! bruja de noche, ¡ojalá! blando, ¡ojalá! solitario,
El paisaje con el suyo / ella / su flauta de caramillo
Le da la bienvenida (a usted); y sus pies descubiertos puestos sobre la colina pequeña
Haga vibrar el corazón cansado de la tierra.
Dejar la escape suya / ella localiza por medio de Finger el suyo / ella / su guirnalda de flores,
Aquí es eso en sus brazos frescos se quedar dormido en la tarde que sueña.
El alma, infame in the sun, escalofrío, aumento up,
Y retuerce su pelo su en el origen de las lágrimas.
Los campesinos traer por la calma llanuras
Lleve al crepúsculo un acento eterno;
Y la tristeza pasa mientras respira el cielo
Vagamente luminoso en las aguas territoriales inmóviles.
Últimos ruidos de los senderos llenos de la sombra. Fin del día. . .
¡ojalá! noche, el alma de las flores de novia lo ve on
Los ganados están estando tendido; el glebe está adormecido,
Y la empleada cerró las puertas del tribunal.
Sobre su pecho la luna magnética está resplandeciente.
La ninfa a quien atrae saluda con la mano en las precipitaciones;
Y todo tan en nuestros corazones sollozando nos preguntamos
Elévese, como el mar, hacia el suyo / ella / su cara esotérica.
La hora es armoniosa y seria bajo el cielo;
Los tono, extensión lejos, solemnize las líneas;
Y el hombre, despertar al misterio de las señales,
Se siente para sacar a colación la oración despacio a sus ojos sus. . .
Ahí, la ciudad presiona sus techos lejos sin la cantidad;
Solamente, del aparecer multitud anónima,
Los monumentos, estando también desde los pastores,
Quédese levantado para mostrar el suyo / ella / su alma en la sombra.
El abismo estrellado se abre al ardor para pensar,
Y la mente, visitado de los rumores desconocidos,
El asombro, y se estremecer escuchan la parte inferior de las nubes altas,
Como un torrente negro grande, la eternidad para pasar.
¡Embriaguez! ¡Tense brazos al cielo! El vuelo que se pone perdido. . .
Para besar el infinito que hace el burdo un instante. . .
Y siempre bajo nuestras frentes este deseo viejo que pelea,
Calme el orgullo de hériditaire de los hijos de Icare.
Un viento sagrado viene de los espacios hondos
Separe la fruta madura que pesa a los flancos de las mujeres,
Mientras al suyo / a ella / su enfoque, lejano, las almas grandes
Quémese, cuando los fuegos tropezaron con las monturas.
Le doy la bienvenida (a usted), ¡ojalá! noche de los pastores, de los profetas,
Mamá al velo negro largo de los childbirths grandes,
¡ojalá! fértil por eso, dé a luz gemelos en las torturas,
Las obras de la mujer y la hombre son hechas.
¡Noche grande! Asilo de agosto de los secretos.
¡ojalá! noche, hermana de la muerte, como ella impenetrable.
De Orphée e Isis diosa venerable,
¡Abuela del mar antiguo y los bosques!
Y noche divina también, pura y virgen indulgente
Quién resucitar al amor a su sonrisa oscura,
Usted eso ponga al corazón sus manos largas del azul,
Y lleve el sueño inocente bajo su mantis religiosa.
Solamente, usted lo sabe, cómo calmar las torturas desconocidas
De ésos eso to mentira él la tortura diaria.
Su frente arde, y tiene su pelo oscuro;
Su alma es solitaria, y tiene sus brazos descubiertos.
Y cada uno, unknoting las corbatas de la máscara infame,
En su bosque, bajo el ojo de oro estacionario del búho,
Al grande suyo / su corazón una reverencia loca camina,
Y caminata, magnífico y libre, en el suyo / ella / su alma!
Mientras a los arbustos el sensiblero observa aves,
El birdie, triste y divino, que las persianas causan,
Sobre los jardines desolados donde las hojas palpitan,
Hace el torrente su corazón su en los sollozos de cristal.
Medianoche. El arco está como una iglesia tensa.
El libro está resplandeciente, para la parte inferior, de oro y de hierro.
Y la carne es sublime y ¡vibre con el éter!
¡ojalá! olas del silencio por la extensión. . .
Y ya susurrar las flores de las tardes extrañas,
Las aventuras de sueño, aceptado por Helen,
A los most mares distantes de la idea humana
Sobre su / su su cuadriga enjaezó cisnes negros grandes de dos.
¡ojalá! noche, sus pies divinos hacen vibrar la tierra,
Su corte de dinero negro contiene las profundidades;
Usted hace la primavera de nosotros los esplendor confidenciales;
Y lo adoraré por este triple misterio.
¡ojalá! bruja de noche, ¡ojalá! blando, ¡ojalá! solitario.

 

 

 

ISLA  TERNURA PLAYA NO ERES EL ÚNICO